lu: les sirènes de Bagdad
Ce livre commence à Kafr Karam, un village isolé du désert irakien. Par la télé et la radio, les habitants savent que c’est la guerre mais ils la contemplent en spectateurs. Jusqu’au jour où elle fait irruption dans leur quotidien sous la forme de soldats américains hurlants. Le personnage principal est un jeune homme calme et plutôt craintif mais il va être blessé dans son amour-propre. L’honneur, sacré aux yeux des bédouins, va le pousser à rejoindre Bagdad et jihadistes qui « combattent l’envahisseur américain ».
Par moment, cette histoire me fait penser à « l’étranger ». On a l’impression que le narrateur est porté par son destin, qu’il n’agit pas réellement pour diriger sa vie. Suite à un choc dont les américains ne sauraient apprécier l’importance aux yeux d’un irakien, il décide de venger son amour-propre, aveuglément.
Le but du livre n’est pas de justifier le terrorisme, au contraire, mais il permet de comprendre comment certains peuvent se laisser convaincre et emporter dans un tourbillon de violence. C’est extrêmement frustrant de voir ce pays en train de se désagréger, de s’auto-détruire furieusement. La lutte contre les américains sert de prétexte à des luttes fratricides, à des règlements de comptes et à toutes sortes de tueries entre irakiens qui condamnent le pays à une ère d’obscurantisme, plutôt qu’à une rapide reconstruction.
Un livre très bien écrit et tragique.
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